https://fr.wikipedia.org/wiki/Ent%C3%A9l%C3%A9chie
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Le terme entéléchie (du grec entelecheia, « accomplissement », « réalisation complète ») est un concept philosophique introduit par Aristote.
Il désigne la réalisation pleine d'un être selon sa nature, c'est-à-dire le passage de ce qui est en puissance à ce qui est pleinement en acte.
Par exemple :
- Une graine est en puissance un arbre.
- L'arbre adulte est l'entéléchie de la graine : il représente son accomplissement.
Chez Aristote, l'entéléchie est étroitement liée à la distinction entre :
- la puissance (dynamis) : ce qui peut être ;
- l'acte (energeia) : ce qui est effectivement réalisé.
L'entéléchie est donc l'état d'accomplissement ou la fin interne vers laquelle tend naturellement un être.
Le concept a ensuite été repris par Gottfried Wilhelm Leibniz, qui l'utilise pour désigner des substances vivantes (les monades) dotées d'un principe interne d'activité.
Dans le langage courant, le mot est rare, mais il peut être employé au sens figuré pour désigner la pleine réalisation d'un potentiel ou l'accomplissement d'une vocation.
Chez Aristote, l'entéléchie (entelecheia, ἐντελέχεια) est l'un des concepts les plus fondamentaux de sa philosophie. Elle exprime l'idée qu'un être est pleinement ce qu'il est destiné à être par nature.
La définition
L'entéléchie est l'acte achevé, la réalisation complète d'une puissance.
Aristote distingue constamment :
- la puissance (dynamis) : ce qu'un être peut devenir ;
- l'acte (energeia ou entelecheia) : ce qu'il est effectivement.
Ainsi, un enfant est en puissance un adulte ; l'adulte est l'entéléchie de l'enfant.
Les exemples classiques
- Le gland est en puissance un chêne.
- Le chêne adulte est l'entéléchie du gland.
De même :
- un élève est en puissance un médecin ;
- le médecin exerçant est l'entéléchie de cet apprentissage.
Dans les êtres vivants
Dans son traité De l'âme (De Anima), Aristote définit l'âme comme :
« la première entéléchie d'un corps naturel organisé ayant la vie en puissance ».
Cela signifie que l'âme est le principe qui fait qu'un corps vivant est effectivement vivant. Sans âme, le corps n'est plus qu'un organisme privé de sa fonction vitale.
Une philosophie finaliste
L'entéléchie est liée à la cause finale.
Pour Aristote, chaque être naturel tend vers une fin (telos) :
- la graine tend vers l'arbre ;
- le poulain vers le cheval adulte ;
- l'être humain vers son plein développement rationnel et moral.
L'entéléchie est précisément cet état d'accomplissement où la fin est atteinte.
Acte et entéléchie
Aristote emploie parfois energeia (activité, acte) et entelecheia presque comme des synonymes, mais certains commentateurs proposent une nuance :
- energeia insiste davantage sur l'activité en cours d'exercice ;
- entelecheia met davantage l'accent sur l'état d'accomplissement, sur la perfection atteinte.
La distinction n'est toutefois pas toujours rigoureuse dans ses textes.
En résumé
Chez Aristote, l'entéléchie est :
- la réalisation d'une puissance ;
- la perfection propre d'un être ;
- l'accomplissement de sa nature ;
- l'expression de sa fin (telos).
C'est pourquoi l'entéléchie est au cœur de toute la métaphysique aristotélicienne : elle permet de comprendre le changement non comme un simple déplacement matériel, mais comme le passage d'un être de la puissance à l'acte, c'est-à-dire vers la plénitude de ce qu'il est appelé à être.
Chez Gottfried Wilhelm Leibniz, le concept d'entéléchie est repris à Aristote, mais il reçoit un sens nouveau, intégré à sa métaphysique des monades.
Voici les idées essentielles :
- L'entéléchie est une substance simple
- Leibniz appelle entéléchies les substances simples qui possèdent un principe interne d'action.
- Elles ne sont pas composées de parties matérielles et sont donc indivisibles.
- Toute entéléchie agit de l'intérieur
- Contrairement aux objets matériels, qui semblent être mus de l'extérieur, l'entéléchie possède en elle-même la source de ses changements.
- Son évolution est déterminée par sa nature propre, selon le plan voulu par Dieu.
- Les monades
- Toutes les monades sont des entéléchies, mais Leibniz distingue plusieurs degrés :
- les monades les plus simples ;
- les âmes des animaux, qui ont perception et mémoire ;
- les esprits humains, qui possèdent en plus la raison et la conscience réflexive.
- L'harmonie préétablie
- Les entéléchies n'agissent pas causalement les unes sur les autres.
- Chacune évolue selon ses propres lois internes.
- Leur parfaite coordination provient de l'harmonie préétablie instituée par Dieu dès la création.
Une formule célèbre
Dans sa Monadologie (§ 18), Leibniz écrit :
« On pourrait donner le nom d'entéléchies à toutes les substances simples ou monades créées, car elles ont en elles une certaine perfection, il y a une suffisance qui les rend sources de leurs actions internes. »
Ainsi, alors que chez Aristote l'entéléchie désigne principalement l'accomplissement d'une puissance, chez Leibniz elle désigne surtout un être vivant spirituel, une substance simple autonome, dotée d'un principe interne d'activité et orientée vers sa propre perfection.
En résumé :
- Chez Aristote : l'entéléchie est l'acte accompli, la réalisation d'une puissance.
- Chez Leibniz : l'entéléchie est une monade, une substance simple active qui porte en elle-même le principe de son développement et de son activité.
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