La France et les États-Unis ont été deux des principales puissances nucléaires du XXᵉ siècle, mais leurs programmes d'essais ont été très différents par leur ampleur, leur localisation et leur calendrier.
| Critère | États-Unis | France |
|---|---|---|
| Premier essai | 16 juillet 1945 (Trinity) | 13 février 1960 (Gerboise bleue) |
| Dernier essai | 23 septembre 1992 | 27 janvier 1996 |
| Nombre total d'essais | 1 054 | 210 |
| Principaux sites | Nevada, Pacifique, Alaska | Sahara algérien puis Polynésie française |
Les essais nucléaires américains
Le premier essai nucléaire de l'histoire fut Trinity, dans le désert du Nouveau-Mexique, le 16 juillet 1945.
Les États-Unis ont ensuite réalisé environ 1 054 essais nucléaires, répartis entre :
- le désert du Nevada (la majorité des essais souterrains) ;
- les atolls de Bikini et d'Eniwetok, dans les îles Marshall ;
- quelques essais en Alaska et dans d'autres sites du Pacifique.
Parmi les plus célèbres figure l'essai Castle Bravo (1954), première bombe H américaine de forte puissance :
- puissance : 15 mégatonnes ;
- environ 1 000 fois la bombe d'Hiroshima ;
- retombées radioactives beaucoup plus importantes que prévu.
À partir de 1963, les États-Unis abandonnent progressivement les essais atmosphériques au profit des essais souterrains.
Les essais nucléaires français
La France entre dans le club nucléaire plus tard.
Au Sahara (1960-1966)
Les premiers essais ont lieu à Reggane, dans le Sahara alors sous administration française.
Le premier tir est :
- Gerboise bleue
- 13 février 1960
- environ 70 kilotonnes, soit plus de trois fois Hiroshima.
Après l'indépendance de l'Algérie, les accords d'Évian autorisent encore temporairement la poursuite des essais dans le Sahara.
En Polynésie française (1966-1996)
Les essais sont ensuite transférés aux atolls de :
- Mururoa
- Fangataufa
Au début, ils sont atmosphériques.
À partir de 1974, ils deviennent exclusivement souterrains.
Au total :
- 46 essais atmosphériques
- 147 essais souterrains
- soit 193 essais en Polynésie, auxquels s'ajoutent les essais sahariens pour atteindre 210 essais au total.
Pourquoi faire autant d'essais ?
Les essais servaient notamment à :
- vérifier le fonctionnement des bombes ;
- développer des armes plus puissantes ou plus compactes ;
- améliorer la sûreté et la fiabilité de la dissuasion ;
- étudier les effets des explosions nucléaires.
Avant les simulations informatiques modernes, les essais réels étaient considérés comme indispensables.
Les conséquences sanitaires
Les essais atmosphériques ont dispersé des matières radioactives.
Les populations les plus concernées furent notamment :
- les habitants des îles Marshall (États-Unis) ;
- certains vétérans militaires ;
- des populations sahariennes ;
- des habitants et travailleurs de Polynésie française.
Depuis plusieurs années, la France comme les États-Unis ont mis en place des dispositifs d'indemnisation, même si leur portée et leurs critères restent débattus.
La fin des essais
Les deux pays ont cessé leurs essais explosifs :
- États-Unis : 1992
- France : 1996
Depuis lors, ils entretiennent leurs arsenaux grâce à :
- des simulations numériques extrêmement sophistiquées ;
- des expériences en laboratoire sans explosion nucléaire.
Aujourd'hui, aucun des deux pays ne réalise plus d'explosion nucléaire à des fins d'essai, bien qu'ils n'aient pas tous ratifié les mêmes traités internationaux interdisant définitivement ces essais.
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