Oui. La citation est bien de Cicéron, mais il est intéressant de regarder le texte latin, car la traduction française que tu cites est assez élégante et légèrement interprétative.
Elle se trouve dans le De officiis (Traité des devoirs), livre I, § 105 (chap. XXX), écrit vers 44 av. J.-C.
Le latin est :
Hominis autem mens discendo alitur et cogitando, semper aliquid aut anquirit aut agit videndique et audiendi delectatione ducitur.
On peut le traduire assez littéralement :
« Mais l'esprit de l'homme se nourrit en apprenant et en réfléchissant ; il cherche ou accomplit toujours quelque chose, et il est conduit par le plaisir de voir et d'entendre. »
La traduction que tu donnes :
« L'esprit de l'homme trouve son aliment dans la méditation et l'étude. »
correspond donc très bien à l'idée de Cicéron. La traduction classique française complète ajoute : « il est toujours en mouvement, et en quête de la vérité ; son plaisir est de voir et d'entendre. »
Un point de latin particulièrement intéressant
Cicéron emploie :
- hominis = « de l'homme »
- mens = « esprit », « intelligence », « pensée »
- discendo = « en apprenant », « par l'étude »
- alitur = « est nourri(e) »
- cogitando = « en réfléchissant », « par la pensée »
Donc mens discendo alitur et cogitando signifie littéralement :
« l'esprit est nourri par l'apprentissage et par la réflexion ».
Le verbe alere signifie proprement « nourrir », mais peut aussi avoir au sens figuré celui de nourrir, entretenir, développer, fortifier.
Et la suite est magnifique :
semper aliquid aut anquirit aut agit
= « il cherche toujours quelque chose ou fait toujours quelque chose ».
Cicéron oppose ainsi implicitement la vie purement sensible et tournée vers le plaisir à ce qui caractérise pour lui l'être humain : apprendre, réfléchir, chercher, agir, voir et entendre.
C'est donc une citation particulièrement cohérente avec l'idée classique de la vita contemplativa : l'être humain ne se contente pas de vivre biologiquement ; son esprit a besoin d'être constamment nourri par la connaissance et la réflexion.
Oui — « Cultivons notre jardin » est la célèbre conclusion de Candide ou l’Optimisme de Voltaire, publié en 1759.
« Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
La formule vient à la fin du conte, lorsque Candide et ses compagnons ont traversé une multitude de malheurs, de guerres, de catastrophes et de discussions philosophiques.
Que signifie « cultiver notre jardin » ?
Il ne s'agit pas seulement de jardinage. Le jardin est une métaphore.
Voltaire invite à :
- cesser les spéculations stériles sur le sens ultime du monde ;
- s'occuper concrètement de ce qui dépend de nous ;
- travailler et développer nos capacités ;
- construire quelque chose de réel plutôt que de simplement discuter ;
- trouver une forme de sagesse dans l'action, le travail et l'effort quotidien.
Cela rejoint d'ailleurs assez bien la phrase de Cicéron que tu viens de citer :
Il y a même une belle métaphore commune : l'esprit est comme un jardin. S'il n'est pas cultivé, il se dessèche ou se remplit de mauvaises herbes ; s'il est travaillé, il produit des fruits.
Et chez Voltaire, le mot « notre » est important : il s'agit de revenir à ce qui est à notre portée, plutôt que de prétendre résoudre tous les problèmes métaphysiques du monde.
On pourrait donc rapprocher les deux formules ainsi :
« Nourrissons notre esprit par l'étude et la réflexion ; puis cultivons notre jardin par le travail et l'action. »
Ce n'est pas une citation de Cicéron ou de Voltaire, mais une synthèse très fidèle de leurs deux idées.
Oui, tu fais référence à Candide ou l’Optimisme, le conte philosophique de Voltaire publié en 1759.
Le passage final est particulièrement célèbre :
« Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
Cette phrase arrive après la longue série d'épreuves vécues par Candide. Elle constitue en quelque sorte la conclusion philosophique du livre.
Le point important est que Voltaire ne dit pas simplement : « travaillons ». Le jardin représente le domaine concret sur lequel l'homme peut agir : son travail, ses relations, son environnement, sa manière de vivre.
Et la formule prend tout son sens par contraste avec les discours philosophiques de Pangloss, qui cherche constamment à expliquer pourquoi « tout est au mieux » dans le meilleur des mondes possibles. Après avoir entendu toutes ces théories et vécu les catastrophes qui les démentent, Candide arrive à une sagesse beaucoup plus pratique :
moins parler abstraitement du monde, davantage travailler à ce qui est réellement à notre portée.
C'est aussi pourquoi « cultiver notre jardin » est devenu une expression française désignant le fait de s'occuper de ses propres affaires, développer ses capacités et travailler concrètement à ce qui dépend de soi.
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