1. Dante Alighieri (1265–1321)
Œuvre majeure : La Divine Comédie
Dante est encore profondément médiéval. Sa pensée est structurée par la théologie chrétienne, Aristote, Thomas d'Aquin et la tradition augustinienne.
La Divine Comédie raconte le voyage de Dante :
Enfer → Purgatoire → Paradis
mais ce voyage est aussi une itinéraire spirituel : l'homme passe de l'égarement et du péché à la vision de Dieu.
Dante écrit en toscan, et non en latin. C'est capital : il contribue à faire du dialecte toscan la base de l'italien littéraire.
Son idéal est encore celui d'un univers chrétien ordonné, où politique, philosophie, morale et théologie sont intimement liées.
2. Francesco Pétrarque (1304–1374)
Avec Pétrarque, on entre beaucoup plus nettement dans l'humanisme.
Œuvre principale : Canzoniere, consacré notamment à son amour pour Laure.
Mais Pétrarque est aussi un immense érudit : il recherche les manuscrits antiques, étudie Cicéron, Sénèque, Virgile, etc.
Il possède donc une double orientation :
chrétien par sa foi, antique et humaniste par sa culture.
Il est particulièrement préoccupé par l'intériorité : ses œuvres examinent son propre cœur, ses passions, ses contradictions et son rapport à Dieu.
C'est pourquoi Pétrarque constitue une sorte de pont entre la spiritualité médiévale et l'humanisme de la Renaissance.
3. Giovanni Boccaccio (1313–1375)
Œuvre majeure : Le Décaméron
Boccace est plus proche de la réalité terrestre et sociale.
Le Décaméron raconte comment dix jeunes gens quittent Florence ravagée par la peste de 1348 et se réfugient à la campagne. Pour passer le temps, ils racontent des histoires.
On y trouve :
- l'amour ;
- la sexualité ;
- la ruse ;
- l'argent ;
- la religion ;
- les prêtres et les religieux ;
- les rapports sociaux ;
- la fortune ;
- l'intelligence humaine.
Boccace observe donc extraordinairement bien l'homme concret, avec ses faiblesses et ses contradictions.
Il est beaucoup moins systématiquement théologique que Dante.
La différence fondamentale
| Dante | Pétrarque | Boccace | |
|---|---|---|---|
| Époque | Moyen Âge finissant | Transition | Pré-Renaissance |
| Œuvre emblématique | Divine Comédie | Canzoniere | Décaméron |
| Centre d'intérêt | Dieu et le salut | Le moi intérieur | L'homme et la société |
| Rapport à l'Antiquité | Important mais intégré au christianisme | Central | Central |
| Genre dominant | Poésie épique et théologique | Poésie lyrique | Nouvelle |
| Vision de l'homme | Homme en marche vers Dieu | Homme partagé intérieurement | Homme concret, rusé, passionné |
| Langue | Toscan/italien | Toscan/italien | Toscan/italien |
Une formule pour retenir les trois
On pourrait presque résumer leur évolution ainsi :
Dante : Dieu → Pétrarque : le moi → Boccace : le monde des hommes.
Et historiquement :
Il faut toutefois éviter de présenter cela comme une rupture brutale : Pétrarque et Boccace restent des hommes du XIVᵉ siècle profondément marqués par le christianisme, tandis que Dante lui-même contient déjà certains éléments qui annoncent l'humanisme.
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